Victime collatérale – Plume Direct – Maison d'édition

Derniers messages du forum

Victime collatérale

Auteur : Claudine Deloget

Publication : 16 mai 2020

ISBN : 978-2-9534938-N-2.128

Pages : 19

2,00

Partage

Partager sur facebook
Partager sur whatsapp
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur email

Description

En France de nos jours. Les décès par explosions s’accumulent, suivis de près par les overdoses d’une substance frelatée dont l’origine semble issue d’un professionnel. Un cartel aurait-il décidé de se venger de dealers débiteurs ?
Persuadés, après réflexion, que cet attentat n’est pas du ressort du réseau terroriste le plus connu qui malgré tout s’en revendique, la police intercepte un trafiquant connu de longue date, supposant qu’il aurait franchi une étape supplémentaire.
Qui est réellement le responsable de ces actes qualifiés pour certains de mortels ?

Extraits :

Dans un chalet de montagnes alpines, trois heures du matin illuminent le réveil électronique posé sur un meuble de chevet. Seul dans une chambre sombre, un homme tousse à n’en plus finir. Épuisé, il confesse par écrit les dernières pensées qui soulagent sa conscience. Cinq feuilles recto verso sont nécessaires pour tout avouer. Il les copie en plusieurs exemplaires pour glisser chaque petit paquet dans une dizaine d’enveloppes. Sans prendre le temps de se vêtir décemment, il monte dans sa voiture et roule au hasard de la destinée. Il dépose dans un premier temps ses missives dans une boite aux lettres située sur le trajet. Il part ensuite sans but définitif, quand, aux abords d’un virage jugé dangereux, un éclair l’éblouit. Il tombe dans un ravin haut de plus de cent mètres.

***

Un mois plus tôt, dans une maison du quartier dit « Des Hauts de Saint Claude », situé sur les hauteurs de Besançon, 20 heures, le journal télévisé d’une grande chaîne annonce les gros titres. À l’écran défilent les images de ce qui ressemble à un nouvel attentat destiné, d’après le reporter, à transmettre à la France un message sans équivoque :
“— Depuis quelques jours règne une étrange sensation de peur mélangée à la haine et l’impuissance. Des explosions se sont produites un peu partout. Nombreux sont touchés à des degrés divers, principalement aux visages et aux mains. Que s’est-il passé ? La police cherche à comprendre. Selon certains témoins présents aux côtés des victimes, ces dernières se relaxaient en utilisant des substances douteuses quand tout a explosé. Pour l’instant personne ne sait d’où provient cette marchandise frauduleuse. Cet attentat n’étant pas encore revendiqué, un appel à témoins est lancé au numéro de téléphone qui apparait sur le bas de votre écran.“

En second titre, peut-être lié à notre premier, la police constate une effervescence de décès, causés probablement par une drogue jusque-là inconnue sur le marché. Narcotrafiquants ? Ou véritable vengeance contre les producteurs ? La police piétine.
Au cours du journal survient une information importante.
“— Nous venons d’apprendre la diffusion d’un message provenant d’Al-Qaïda revendiquant ces deux formes nouvelles d’attentat, jusque-là non connues dans leurs méthodes.“
La parole est donnée au Président de la République.
“— La France est visée à grande échelle par le terrorisme…“
Il poursuit en promettant des représailles sans équivalence et que les responsables seraient sans tarder éliminés. De nombreux chefs d’états signalent leur soutien …

Le journal terminé, un homme en apparence fatigué, toussant à pleins poumons, éteint son poste de télévision et dit.
— C’est parfait. Peu importe celui qui a réussi un coup pareil. Il est fortiche. Réussir à laisser accuser un groupe terroriste à sa place, je lui tire mon chapeau. J’aurais aimé que l’idée vienne de moi, ironise-t-il.

Paris, Place Beauvau, bureau principal du Ministère de l’Intérieur
— Oui Monsieur le Premier Ministre. Je comprends parfaitement Monsieur le Premier Ministre. Nous disposons de peu de moyens pour…
— Débrouillez-vous ! Le Président veut ces fumiers de terroristes, coupe-t-il.
— Oui mais, reprend le Ministre de l’Intérieur debout derrière son bureau.
— Pas de mais, des solutions si vous tenez à votre place, en tout cas moi je tiens à la mienne.
Hiérarchiquement ce message est transmis à chaque responsable, jusqu’aux différents divisionnaires. Un commandant de brigade raccroche violemment son téléphone et le jette au sol.
— Font chier ces branleurs de bureaucrates, ces ministres de mes deux. Le boss veut des résultats. Nous sommes déjà crevés. Nous n’avons pas eu un seul moment de répit depuis un an, et tout cela pour quoi ?

***

Plusieurs mois plus tôt, dans un cabinet médical :
— Je suis désolé le résultat est sans appel, affirme le spécialiste.
— Vous en êtes sûr docteur ? demande un homme dépassant à peine la trentaine, mais en paraissant cinquante.
— Hélas oui Steeve. Si vous étiez venu plus tôt nous aurions pu tenter, mais vous avez trop tardé.
— Vous êtes certain d’avoir essayé toutes les thérapies qui existent ?
— Toutes celles que nous connaissons.
— Mais il n’existe pas de traitement en test ? Je ne risque plus rien à les essayer puisque je suis déjà condamné.
— Nous n’avons pas l’aval de l’ANSM.
— Mais on s’en fout. Ce ne sont pas eux qui sont sur le point de crever.
Il tousse et peine à reprendre sa respiration.
— Si nous tentons ce que vous demandez, reprend le praticien, je risque ma place et je n’y tiens pas. Non, je refuse que vous tentiez quoi que ce soit. N’en parlons plus voulez-vous !
— Facile à dire pour vous ! Combien de temps me reste-t-il ?
Le médecin hésite. Il regarde à nouveau la radio exposée sur un écran lumineux.
— Si vous ne faites rien de stupide et si vous suivez mes conseils, un an ou deux, tout au plus. En attendant je vous donne le traitement habituel. N’oubliez pas de les prendre à heures fixes.

Le patient ne comprend pas pourquoi il ne pourrait être autorisé à tester les nouveaux traitements. Déçu il quitte le cabinet médical sur la dernière recommandation du praticien.
— Commencez déjà par arrêter la cigarette, ça vous donnera un peu plus de temps à vivre.
Surpris, Steeve se retourne.
— Mais je n’ai jamais fumé de ma vie. J’ai toujours trouvé idiot de brûler du fric dans ces saloperies.

 

Avis

Il n'y pas encore d'avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Victime collatérale”