La lumière effacée - Plume Direct - Maison d'édition numérique associative - Jean-Louis Laville

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La lumière effacée

Auteur : Jean-Louis Laville

Publication : 27 juillet 2019

ISBN : 978-2-9534938-N-2.123

Pages : 8

Prix : 1.00 €

Genre : Nouvelles – Erotisme

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1,00

Description

Se pensant totalement paralysé, un jeune garçon, immobilisé dans son lit d’hôpital redécouvre les joies de l’amour grâce à la bienveillance active de son infirmière. Ce texte succinct pourrait illustrer le propos de G. Bataille écrit au début de son livre “L’Érotisme” : « De l’érotisme, il est possible de dire qu’il est une approbation de la vie jusque dans la mort ».

Extrait :

C’est quelque chose comme la nuit, et pourtant, une clarté bleue m’entoure, invraisemblable ici, car tout est blanc, rien n’indique d’autre que cette exactitude, un monde de non-couleur se lève comme une aurore boréale, toute de blanc sous-vêtue, l’idée de bleu apparaît comme une sorte de révélation d’abord, puis une ineptie, elle est purement mentale.

Il revenait à lui.

Rien ne bouge. L’univers est encadré de parois livides; il regrette son dernier rêve, pourtant cruel, il refuse cette immersion dans cette blancheur à délire bleuté, il veut retourner dans la quiétude cotonneuse de son effacement, il ignore si ses paupières sont closes ou s’il voit vraiment. Voir. Quoi ? Il n’y a rien à percevoir.

Pas d’ombre, l’espace est atone. Ce lieu n’en est pas un, pas de contours, pas de relief, une sensation, une ébauche et encore, rien de perceptible.

Il referma les yeux, ou crut qu’il les refermait, car il ne les avait pas ouvert. Il replongea dans un sommeil presque heureux.

C’est la pénombre qui le réveilla. Ou encore il le crut. Il gérait sa conscience intérieurement et installait dans le tabernacle de sa retraite mentale tout un univers où rien ne se mouvait, comme de toute éternité. Il croyait toujours ouvrir les yeux, mais ils restaient obstinément clos. Pourtant c’était le soir. il le sentait plus qu’il ne le percevait. En fait, c’était son soir à lui, dans son espace-temps interne. Tout cela était faux puisque rien ne bougeait. Des images. Encore des images, une longue suite de visions ou rien ne se voyait si ce n’est l’impression de lumière contrariée par la pénombre, rien d’autre. Il se rendormit. Se dilua dans son antre, alors il sentit avec volupté son enveloppe immédiate se dissoudre, son être s’épandre à l’infini.

Il remplissait le monde, il était immense, sa dilution ne s’achevait que lorsqu’il s’estompait lui-même. Alors devenu totalement fluide, il cessait de s’interroger sur l’environ.

De nouveau, il se rassemble, une réunion cette fois plus prompte que les précédentes. Encore le jour. Le jour ? Le mot vient de jaillir dans son esprit. Jour. Quelque chose rutile à l’angle de la lumière et de la pénombre — ou plutôt d’un souvenir de pénombre. La scintillation semble même se déplacer. Avec une lenteur d’Apocalypse. Une ligne. Une ligne plus lumineuse que l’entour.

Il s’assoupit plusieurs fois et la ligne devenait blanchâtre. Mais continuait son mouvement au point de rendre l’espace invraisemblablement long. Puis encore son être se dilua. Il dormait.

Le lendemain… Le lendemain. Il eut alors conscience de recouvrer la désignation des choses. Le facteur temps lui était revenu grâce à cette ligne qui se mouvait tranquillement. La lumière, plus effacée. Le bleu avait presque disparu. Il n’était qu’une chimère. Alors la clarté vacilla brusquement ; une intrusion. Une porte se présentait aux confins de l’espace et qui brutalement s’ouvrait. il se sentait dense en lui-même; il y avait un volume là-bas, il perdait sa substance autonome, une fêlure apparaissait dans le dôme lisse qui le protégeait. Il sentit. Une émission diffuse provenait de la porte. Il n’y pouvait rien. Un intrus le violentait. Le morceau d’espace fracturé prenait petit à petit une autre consistance. Il voulut fuir derechef, s’étendre à nouveau, retourner dans l’infini voluptueux et protecteur, mais l’intrus gagnait du terrain. La faille ouverte dans son espace se muait en une autre nature. Il réintégra soudain les seuls contours désignés par son épiderme. Ouvrit les yeux. Vraiment. Les referma aussitôt, car il voulait retrouver sa quiétude perdue et son aura interne. Et la lumière était impraticable dehors. Mais l’implacable mutation se poursuivait, et il reconnaissait son corps. Sa tête. Et la sensation forte dont celle-ci était le siège. Il comprit qu’une main s’était posée sur son front.

L’intrus. Encore. Mais autrement. L’espace sans objet tremblait, pourtant rien ne pouvait trembler puisqu’il n’y avait RIEN. Une étrange vibration qui…

Bruit. Pas tant que cela. Un grondement diffus, sourd. Moins que cela. Un murmure. Chuchotements. On parlait à voix basse près de lui.

Science fiction ou récit fantastique, on ne saurait dire dans quel genre le classer, peut-être un peu des deux après tout…

Edité et distribué par la maison d’édition numérique associative Plume Direct

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