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Madame de Sévigné


Auteur : Sainte Beuve

Publication : 3 décembre 2013

ISBN : 978-2-9534938-RT-7.018

Pages : 9

Prix : Gratuit

Genre : Récits – Témoignages

Ce document Plume Service retrace une petite biographie de la marquise de Sévigné, et regroupe un extrait de lettre à Mme de Grignan, sa fille, ainsi qu’un extrait du portrait que traça d’elle Sainte-Beuve au XIXe siècle. Récits/Témoignages

Extrait :

La correspondance de madame de Sévigné n’a été publiée qu’après son décès, d’abord par de Bussy dans ses Mémoires, puis par la descendance de la marquise. C’est à partir de ce moment qu’on découvrit un grand écrivain épistolaire. Nous ne pouvions parler de Madame de Sévigné sans commencer par un extrait d’une lettre à sa fille.

à Madame de Grignan

(été 1679)

[…]

Vous disiez hier cruellement, ma bonne, que je serais trop heureuse quand vous seriez loin de moi, que vous me donniez mille chagrins, que vous ne faisiez que me contrarier. Je ne puis penser à ce discours sans avoir le cœur percé et fondre en larmes. Ma très chère, vous ignorez bien comme je suis pour vous si vous ne savez que tous les chagrins que me peut donner l’excès de la tendresse que j’ai pour vous sont plus agréables que tous les plaisirs du monde, où vous n’avez point de part. Il est vrai que je suis quelquefois blessée de l’entière ignorance où je suis de vos sentiments, du peu de part que j’ai à votre confiance ;

Portrait par Sainte-Beuve

D’une éducation raffinée, femme de lettres par cette abondante correspondance qu’elle entretint avec ses proches et ses amis, voilà qui était madame la marquise de Sévigné, femme de cœur, fidèle, mère attentionnée et aimante, cultivée et pleine d’esprit et, quoique souffrant d’arthrite et soumise aux douleurs de cette maladie, elle a laissé le souvenir d’une intense joie de vivre. On a longtemps soutenu qu’elle vouait un amour étouffant à sa fille. Il est vrai qu’elle souffrit beaucoup du départ de celle-ci pour la Provence. Mais c’est surtout la mère attentionnée et inquiète qu’il faut voir, plus que la mère possessive.

Voici ce qu’écrivait sur elle Sainte-Beuve, suite à une biographie de M. le baron Walckenaer, « le plus ample, le plus instructif et, si je puis dire, le plus serviable des biographes ».

[…] “Comment la figure de madame de Sévigné ressort-elle de cette étude ? Elle en sort telle que la première vue nous l’avait offerte, et plus que jamais pareille à elle-même. On se confirme, après étude et réflexion , dans l’idée qu’une première et franche impression nous avait laissée d’elle. Et d’abord, plus on y songe, et mieux on s’explique son amour de mère, cet amour qui, pour elle, représentait tous les autres. Cette riche et forte nature, en effet, cette nature saine et florissante, où la gaieté est plutôt dans le tour et le sérieux au fond, n’avait jamais eu de passion proprement dite. Orpheline de bonne heure, elle ne sentit point la tendresse filiale ; elle ne parle jamais de sa mère ; une ou deux fois il lui arrive même de badiner du souvenir de son père ; elle ne l’avait point connu. L’amour conjugal, qu’elle essaya loyalement, lui fut vite amer, et elle n’eut guère jour à s’y livrer. Jeune et belle veuve, à l’humeur libre et hardie, dans ce rôle d’éblouissante Célimène, eut-elle en secret quelque faible qu’elle déroba ? Une étincelle lui traversa-t-elle le cœur ? Fut-elle jamais en péril d’avoir un moment d’oubli avec son cousin Bussy, comme M. Walckenaer, en Argus attentif, inclinerait à le croire ? Avec ces spirituelles rieuses, on ne sait jamais à quoi s’en tenir,

Autres détails :

Né à Boulogne-sur-Mer le 23 décembre 1804, Charles Augustin se consacre à l’écriture. Il fréquente Charles Nodier, Victor Hugo (avec lequel il se brouille). D’abord attiré par le courant romantique, il publie des recueils de poésie sous le pseudonyme de Joseph Delorme (Vie, poésies et pensées de Joseph Delorme) et un roman (Volupté). Féru de littérature, il décide de se consacrer entièrement à la critique littéraire et à l’histoire de la littérature. Il écrit alors pour différentes revues dont Le Globe, La Revue de Paris, Le Moniteur.

Il publie ainsi toute une série d’articles, d’essais, qu’il regroupe en recueils. On lui doit ainsi Port-Royal, Portraits littéraires, Causeries du lundi entre autres. Richement documentés, ses portraits d’écrivains s’ingénient à faire ressortir le génie propre à chacun d’eux.

Maître de conférence à l’Ecole normale, professeur de poésie latine au Collège de France, conservateur de la Bibliothèque Mazarine, il entre à l’Académie Française le 14 mars 1844. A noter que c’est Victor Hugo qui, bien qu’ayant voté contre lui onze fois, le reçut pour son investiture le 27 février 1845. Dans son discours, il n’eut pas un mot pour le récipiendaire.

Il meurt le 13 octobre 1869.

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